• Alison.

    La Châtaigneraie (avant que je n'y sois interne : La Ferme n'est pas encore construite).Il est midi, je devrais déjà être au réfectoire (cf. 12 mai, 24 juin et 22 juillet). Tout l'étage est vide. Pour rattraper mon retard, je galope dans un corridor, lorsque j'entends une sorte de gloussement aigu. M'approchant, je pousse la porte de <?xml:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" /><st1:PersonName w:st="on" ProductID="la chambre. Didier">la chambre. Didier</st1:PersonName> et Richard serrent Alison entre eux. Elle est sur le dos, renversée au travers de la fenêtre.

    Alison est la plus jeune des filles à être admise parmi les grands. Presque maigre, elle porte, comme d'habitue, des jeans, une chemise boutonnée pardessus ses pantalons et des baskets.

    Les deux amis la tiennent et <st1:PersonName w:st="on" ProductID="la chatouillent. Didier">la chatouillent. Didier</st1:PersonName>, pas très grand, bouclé, a un air exalté que je ne lui connais pas et Richard, sorte de meneur blond, est rayonnant.

    Le torse d'Alison retombe hors du mur, aussi je ne vois que ses hanches et ses jambes qui se tortillent. Ses bras et sa tête gigotent au dehors, où elle s'étrangle de fous rires.

    Lorsque je reprends, à demi, mes esprits, j'exige qu'ils arrêtent et jappe des menaces. Hilares mais gênés, avec de grands coups de tête de protestation, les deux complices relâchent Alison pour la hisser à l'intérieur. Aussitôt son souffle repris, elle joint ses dénégations à celles de ses tortionnaires. Ils m'adjurent en chœur de ne pas les trahir.

    Choqué d'avoir surpris une fille dans la chambre de garçons, mais sans pouvoir mettre de mots sur ce qu'il y a de farouche volupté dans la transgression dont j'ai été témoin, je referme la porte.

    Poursuivi pendant plusieurs jours par la vision de cet accès de sensualité endiablée à trois, je suis surtout perplexe qu'Alison ait affirmé s'être prêtée de son plein gré à ces débordements.

    Une après-midi, alors qu'elle se tient à l'écart, je la rejoins et lui demande si elle était vraiment d'accord pour participer à ce jeu. Embarrassée que j'y revienne, elle répond qu'elle n'a rien contre.

    Comme je reste silencieux, elle craint peut-être que je ne la dénonce pour l'avoir surprise là où elle ne devait pas être. Sans doute pour ne pas se justifier davantage et se sentir soutenue, elle m'emmène à la recherche de ses deux comparses.

    Dans leur chambre, nous ne trouvons que Didier. Il avance quelques bribes d'explications emberlificotées. Je les traite de salauds. Peu rassurée sur mes intentions et pour me convaincre qu'elle était consentante, Alison ouvre la fenêtre.

    Il s'agit probablement de la chambre d'un maturin. Celle en question était plus grande - et mieux rangée !Il fait grand beau. Elle pose un coussin sur le rebord, s'y allonge, puis déclare :

    - Viens, fais-le moi. Mais après, tu devras rien dire !

    Didier s'installe à sa gauche. Comme Alison reste figée dans sa position, la gorge sèche, flageolant, je m'approche.

    Je suis si près que je sens l'odeur de sa transpiration. Elle a le visage retourné vers l'extérieur. Extrêmement cambrée, sous sa chemise, ses seins ont disparus dans sa poitrine étirée.

    Comme pour m'indiquer le mode d'emploi, Didier fait danser ses doigts dans les aisselles d'Alison qui serre les poings. Elle gémit, pouffe, se mord les lèvres.

    Ses rires, face au soleil, fusent en direction d'un petit terrain désert, bordé d'une forêt. Ils sont assurés qu'elle ne peut être entendue. Après quelques instants, Didier s'arrête.

    Alison se redresse et me regarde, nez à nez<st1:PersonName w:st="on" ProductID="la tête. La">. La</st1:PersonName> chaînette du cou est remontée sur son menton. Échevelée, tempes moites, son visage réjoui exprime la complicité.

    Je me jette à l'eau et laisse le bout de mes doigts l'effleurer. Un éclair lui écarquille les yeux. Elle rejette le buste en arrière. Semblant vouloir conserver sa contenance, elle se raidit.

    Je vois mes mains se balader en zigzaguant de plus en plus hardiment sur ses côtes. Quand mes ongles titillent l'intérieur de ses bras, tout cède en elle.

    Les sensations la submergent : elle s'esclaffe et se débat à perdre haleine. Déculpabilisé, certain de mon impunité, je la chatouille impitoyablement pendant un bon quart d'heure. Sans appui, tenue par Didier qui m'encourage, elle ne peut pas se protéger. Lorsque j'ai terminé, nous sommes en nage et je suis aussi exténué qu'elle.

    Alors, chancelant, sans me retourner, je me rends tout droit dans ma chambre. C'est là, en entendant mon cœur battre à tout rompre, que je comprends ce qui la relie si fort aux deux garçons.

    A plus de cinq ans de distance, nous nous reverrons, mais ni Alison ni moi n'évoquerons, à aucun moment, cette anecdote du début de notre adolescence.


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :