• Le bleu du ciel réveille la nuit - 1998.

    On aimerait leur rendre visite sur la pointe des pieds,

    ou au moins un peu recueillis, pour à leur instar, rentrer en soi.

    Par la force et la beauté de leurs équilibres,

    elles réverbèrent certes le lien spirituel,

    le fruit sans âge de leur méditation ;

    mais il me semble aussi qu'elles n'ont pas envie

    de tout tout nous dire.

    D'un côté des sortes de chemins de vie en cuivre,

    où figurent des morceaux de mémoire encore vive attrapés.

    De l'autre des déesses-épingles agrafées à des coloris soutenus,

    à des textes semi-lisibles. Leurs pointes percent

    les étapes dévotes d'un long parcours d'adieux à une

    nébuleuse un peu envahissante de dépendances familières.

    Il y a du redressement, de la dignité, de l'immémoriale sagesse

    Filigrane - 1997.qui éloignent tout ce que notre société vit et propose

    dans l'avidité de l'immédiat,

    laquelle y perd ses échappatoires ordinaires.

    La Ferme de la Chapelle est devenue le sanctuaire d'une vie intime

    transmuée et débordante de verdicts à portée cosmique.

    Jusqu'au 20 novembre,

    39 route de la Chapelle, 1212 Grand-Lancy - Genève.

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  • Dali, Visage de la guerre.Quels que soient les arguments qu'elle profère,

    la révolte semble légitime

    à la personne qui résiste.

    Après-coup, ne subsiste que la révélation de

    la laideur du visage qui a exprimé sa hargne.

    L'amitié ainsi mise en morceaux, l'on passe à autre chose.

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  • Quel pied !

     

    Aller en vacance au Tchad,

    en plein quart-monde

    dénué de tout[1],

    pour faire du

    ski nautique sur le Chari.



    [1] J'ai réellement vu cela, j'ai réellement eu envie de...
    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>


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  • 1.1.      Extrait de ma lettre à l'agence de voyage :
    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p><o:p> </o:p>

    L'hôtel AVANT LES TRAVAUX.Madame,

    <o:p></o:p>

    Arrivé sous la pluie, le taxi me dépose devant une façade couverte d'échafaudages, qui cachent l'hôtel et dont émergent une dizaine de marches à 45 degrés. Je les gravis avec mon bagage, et force difficultés, sous l'œil rieur d'un membre du personnel, qui ne songe pas une seconde à m'aider.

    Dans la « chambrette », impossible de brancher mon portable, car il n'y a pas d'adaptateur. De retour au desk, le responsable m'avise que je dois trouver moi-même un électricien... mais est incapable de chercher une adresse où me diriger.

    Le lendemain, j'ai donc sillonné Amsterdam à pied, pendant toute la matinée, avant de trouver une sorte de quincaillerie où l'on a coupé le fil de mon PC pour y fixer une prise hollandaise.

    Dans ma turne, il n'y a ni climatisation, ni mini-frigo, ni bar, ni La salle du petit-déjeuner, seul endroit correct à l'intérieur.safe. Pire : il n'y a aucun room service, ni laundry (j'ai 3 chemises pour 2 semaines !), l'hôtel ne fait pas les réservations pour les spectacles, restaurants ou visites de la ville et ne dispose d'aucun restaurant.

    Les moquettes sont tachées, les rideaux troués, sales, que je fais tenir en utilisant 2 stylos comme pincettes, ne tiennent plus aux extrémités. Des insectes se promènent dans la minuscule salle de douche. La nuit, je me bats avec des moustiques. Je reste donc aussi peu que possible à l'hôtel, vais passer mon temps au casino, dans des cafés et prolonge mes sorties dans les musées, à l'opéra et dans les restaurants (...).

    En fait, je me sens piégé, et pour 2 semaines. Lors de l'une de nos discussions, je vous avais dit préférer un hôtel de bon Le casino, où je prolonge mes poses.standing avec cachet et, vous m'aviez répondu que vous en étiez bien consciente. Je ne sais donc comment interpréter cette réservation.

    Pourtant, il me semblait que nous avions un contact plutôt convivial et que vous commenciez à me connaître : imaginez ma déception ! (...)

    Soit vous pouvez vous engager clairement pour m'organiser à l'avenir des vacances selon mes habitudes, soit (...)

    Nous devrons de toute manière trouver une solution, car après le M*** hôtel, compte tenu de ma santé plutôt moyenne[1], il n'est pas envisageable que je revive une telle expérience.

    Le canal le plus proche de mon hôtel.Veuillez recevoir, Madame, mes salutations affligées.

     

    1.2.      Extrait de ma lettre à mon avocate[2] :

    (...) Merci infiniment pour le véritable travail de débroussaillage et surtout pour les réponses que tu apportes à mon/mes problème/s. Je ne m'attendais notamment pas à ce que tu penses pouvoir entamer une démarche de règlement amiable afin de me dédommager, même si sans doute partiellement, de mon calamiteux séjour à Amsterdam.

    Madame L***, directrice de D***, n'a en effet toujours pas daigné me donner signe de vie. Veuilles trouver ci-dessous les informations que je puis te donner concernant tes remarques :<o:p> </o:p>

    Voyage à Amsterdam :

    <o:p></o:p>

    - Mme L*** m'a envoyé, en pièce jointe à son dernier courriel, un descriptif sommaire du M*** Hôtel. Il y apparaît que le tarif normal aurait dû être de 2'600.00 Euros mais que, bénéficiant d'un rabais de 54 %, je n'aurais que 1'190.00 Euros à débourser. Le prix "normal" a naturellement contribué à me laisser penser que le service et l'équipement de cet établissement devaient être plus que convenables.

    Hormis cette pièce jointe, Mme L***, comme tu le relèves, m'a uniquement indiqué qu'il s'agissait d'un trois étoiles ce dont, n'imaginant pas qu'elle m'enverrait dans un hôtel aussi sordide, je me suis déclaré, par e-mail, prêt à m'accommoder. En effet, elle connaissait parfaitement mes attentes, que nous avions évoquées lors des nombreux échanges que nous avons eus (...)

    - Les photos « à charge » ne sont pas de bonne qualité. Chambre sombre, flash mal réglé... Je te prie néanmoins de trouver en annexe les trois moins inutilisables, qui montrent l'état de la fenêtre, que la moquette est tachée et que la rouille transperce les catelles de la douche.

    - Pendant mon séjour, j'ajoute que des travaux étaient en cours, avec pour résultat quotidien des salissures importantes, trainées de peinture etc., dans les corridors et surtout dans l'ascenseur. Une information aux clients était affichée, annonçant qu'à l'issue des transformations, l'hôtel serait reclassifié en un cinq étoiles (...)

    - Il est prévu qu'elle prépare mes prochaines vacances, mais penses-tu que je puisse encore me fier à Mme L*** pour, cette fois encore, les organiser ? J'avoue avoir perdu toute illusion sur son compte et redoute l'idée de me retrouver à vivre des expériences sur un autre continent, selon des schémas qu'elle aurait organisés. (...).

     

    2.         Extrait de mon courriel à Yangdon, ma « nièce »[3] tibétaine :

    My very dear Yangdon,
     (...)
    You can relax about my health: I'm quite fine. The only little trouble has been my leg[4].

    One evening, I had to go to the Lyric theatre and asked the desk's hotel to call for a taxi. But they refused, saying the chauffeur won't take me for such a short drive. The girl told me it would be only 10 minutes walking. So I did, but for me it took 20 minutes, and when I arrived, I was exhausted and my leg ached.

    However, I comfortably settled in an armchair and slowly recovered, watching the Donizetti opera, even so anxious to have to go back on my bad foot to my hotel.  But when it was over, 2 hours later, I stood up and felt my ankle was much better.

    I walked to the hotel with so slighter difficulty that I didn't stop there and walked 15 more minutes to go in a restaurant! I think that when, in spite of the pain, I forced my foot to move, something has been strained and put back in the right way inside. Since then, things are not perfect, but remain much better than before. (...)<o:p> </o:p>

    J'ajoute, pour la couleur locale, qu'un autre soir, dans le même petit restaurant où je suis retourné fort tard, j'ai vu une manif - si ! - défiler devant moi. Il était passé 2h du matin !



    [1] J'ai fait 2 infarctus.

    [2] Oui, j'ai obtenu réparation.

    [3] De qui je m'occupe depuis plus de 20 ans et dont je suis le « godfather ».
     
    [4] Cheville fracassée, suite à une chute de scooter. J'ai été réopéré fin mai et suis aujourd'hui quasi-complètement remis.


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  • La Châtaigneraie (avant que je n'y sois interne : La Ferme n'est pas encore construite).Il est midi, je devrais déjà être au réfectoire (cf. 12 mai, 24 juin et 22 juillet). Tout l'étage est vide. Pour rattraper mon retard, je galope dans un corridor, lorsque j'entends une sorte de gloussement aigu. M'approchant, je pousse la porte de <?xml:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" /><st1:PersonName w:st="on" ProductID="la chambre. Didier">la chambre. Didier</st1:PersonName> et Richard serrent Alison entre eux. Elle est sur le dos, renversée au travers de la fenêtre.

    Alison est la plus jeune des filles à être admise parmi les grands. Presque maigre, elle porte, comme d'habitue, des jeans, une chemise boutonnée pardessus ses pantalons et des baskets.

    Les deux amis la tiennent et <st1:PersonName w:st="on" ProductID="la chatouillent. Didier">la chatouillent. Didier</st1:PersonName>, pas très grand, bouclé, a un air exalté que je ne lui connais pas et Richard, sorte de meneur blond, est rayonnant.

    Le torse d'Alison retombe hors du mur, aussi je ne vois que ses hanches et ses jambes qui se tortillent. Ses bras et sa tête gigotent au dehors, où elle s'étrangle de fous rires.

    Lorsque je reprends, à demi, mes esprits, j'exige qu'ils arrêtent et jappe des menaces. Hilares mais gênés, avec de grands coups de tête de protestation, les deux complices relâchent Alison pour la hisser à l'intérieur. Aussitôt son souffle repris, elle joint ses dénégations à celles de ses tortionnaires. Ils m'adjurent en chœur de ne pas les trahir.

    Choqué d'avoir surpris une fille dans la chambre de garçons, mais sans pouvoir mettre de mots sur ce qu'il y a de farouche volupté dans la transgression dont j'ai été témoin, je referme la porte.

    Poursuivi pendant plusieurs jours par la vision de cet accès de sensualité endiablée à trois, je suis surtout perplexe qu'Alison ait affirmé s'être prêtée de son plein gré à ces débordements.

    Une après-midi, alors qu'elle se tient à l'écart, je la rejoins et lui demande si elle était vraiment d'accord pour participer à ce jeu. Embarrassée que j'y revienne, elle répond qu'elle n'a rien contre.

    Comme je reste silencieux, elle craint peut-être que je ne la dénonce pour l'avoir surprise là où elle ne devait pas être. Sans doute pour ne pas se justifier davantage et se sentir soutenue, elle m'emmène à la recherche de ses deux comparses.

    Dans leur chambre, nous ne trouvons que Didier. Il avance quelques bribes d'explications emberlificotées. Je les traite de salauds. Peu rassurée sur mes intentions et pour me convaincre qu'elle était consentante, Alison ouvre la fenêtre.

    Il s'agit probablement de la chambre d'un maturin. Celle en question était plus grande - et mieux rangée !Il fait grand beau. Elle pose un coussin sur le rebord, s'y allonge, puis déclare :

    - Viens, fais-le moi. Mais après, tu devras rien dire !

    Didier s'installe à sa gauche. Comme Alison reste figée dans sa position, la gorge sèche, flageolant, je m'approche.

    Je suis si près que je sens l'odeur de sa transpiration. Elle a le visage retourné vers l'extérieur. Extrêmement cambrée, sous sa chemise, ses seins ont disparus dans sa poitrine étirée.

    Comme pour m'indiquer le mode d'emploi, Didier fait danser ses doigts dans les aisselles d'Alison qui serre les poings. Elle gémit, pouffe, se mord les lèvres.

    Ses rires, face au soleil, fusent en direction d'un petit terrain désert, bordé d'une forêt. Ils sont assurés qu'elle ne peut être entendue. Après quelques instants, Didier s'arrête.

    Alison se redresse et me regarde, nez à nez<st1:PersonName w:st="on" ProductID="la tête. La">. La</st1:PersonName> chaînette du cou est remontée sur son menton. Échevelée, tempes moites, son visage réjoui exprime la complicité.

    Je me jette à l'eau et laisse le bout de mes doigts l'effleurer. Un éclair lui écarquille les yeux. Elle rejette le buste en arrière. Semblant vouloir conserver sa contenance, elle se raidit.

    Je vois mes mains se balader en zigzaguant de plus en plus hardiment sur ses côtes. Quand mes ongles titillent l'intérieur de ses bras, tout cède en elle.

    Les sensations la submergent : elle s'esclaffe et se débat à perdre haleine. Déculpabilisé, certain de mon impunité, je la chatouille impitoyablement pendant un bon quart d'heure. Sans appui, tenue par Didier qui m'encourage, elle ne peut pas se protéger. Lorsque j'ai terminé, nous sommes en nage et je suis aussi exténué qu'elle.

    Alors, chancelant, sans me retourner, je me rends tout droit dans ma chambre. C'est là, en entendant mon cœur battre à tout rompre, que je comprends ce qui la relie si fort aux deux garçons.

    A plus de cinq ans de distance, nous nous reverrons, mais ni Alison ni moi n'évoquerons, à aucun moment, cette anecdote du début de notre adolescence.


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