• Le cœur en bazooka.

    Orpheline d'une mère vietnamienne et d'un père français, Madeleine (qu'elle prononce en détachant les syllabes : "Ma-de-leinnn-e) a cinq ans de plus que moi.

    Elle ne porte que des chemisiers qui se boutonnent par devant, et des pantalons. Svelte, longs cheveux noirs, ossature fine, souple, yeux pétillants, frimousse et corps parsemés de taches de rousseur, c'est du sang de félin qui coule dans ses veines.

    Madeleine me fait prendre confiance en moi. Elle est celle qui peut être légère ou désespérée, simplement parce que je le suis.

    Elle m'apprend que j'importe pour d'autres que ceux de ma famille, que je puis tenir avec quelqu'un sur la durée et que les tumultes d'un couple mélangent deux êtres, aussi grâce aux hurlements et à la vaisselle brisée.

    C'est mon premier appartement. Constitué de quatre pièces et d'un corridor central, il nous plaît car, sans être immense, il est spacieux.

    Il comprend notamment une belle cuisine qui comble notre penchant pour les bonnes bouffes et dans une chambre, derrière des rideaux que l'on ne ferme jamais, il y a une vraie alcôve, avec toutes les stimulations que ce mot inspire.

    Madeleine, en tout, est ardente. Elle connaît chaque nuance de la combinaison des corps et a décidé que mes excentricités, même les plus licencieuses, pourvu qu'elles se fassent à deux, sont toutes légitimes.

    Parfois, les yeux grands ouverts en face de moi elle proclame, avec un soupçon de menace dans la voix :

    - Je ne vois pas avec qui d'autre tu pourrais faire ça !

    Elle dit quelquefois « ça coûte un saladier », métaphore que je ne puis entendre aujourd'hui encore sans qu'un zeste de mon premier ahurissement, devant une si déconcertante expression, ne me revienne.

    Par bien des côtés, Maeleine me fait penser à la Naomi d'Un amour insensé de Tanizaki, dont les roueries et la sensualité ensorcèlent Jôji Kawai. Successivement passive, câline, vulgaire, gamine, redoutable, lascive, irascible, aimante, elle me charme et m'envahit par la sincérité de ses sentiments à vif, qui me sont livrés, tous, cash.

    Comme elle peut se décider à faire ou non quelque chose selon ce que j'en ai dit, il est indispensable que la plupart du temps, nos avis concordent.

    Or, au début, je m'oppose parfois sans y réfléchir à ses exigences, mais pour lui résister, la lutte est si âpre que plus notre relation dure et plus je calcule le coût/bénéfice, avant de m'engager dans ces épouvantables combats.

    Je ne retrouverai chez personne un tel jusqu'au-boutisme : chantage, canailleries de toute sorte et indifférence aux conséquences, font partie de la panoplie. Sans armure devant la puissance des assauts, dont je n'ai pas l'habitude, je suis désarçonné et lui cède parfois sans autre raison.

    Le maelström de la dispute me laisse épuisé, mais Madeleine, sitôt satisfaction obtenue, redevient douce, presque enfantine, et sait faire oublier l'orage.

    Joyeux Noël !Un jour de décembre, je travaille tandis que Madeleine et Céline, sa fille, décorent l'arbre de Noël.

    Lorsque je rentre, rempli du souvenir de ceux de ma jeunesse, je les compare instinctivement à celui qu'elles ont bichonné. Et émets quelques critiques.

    Furibonde, Madeleine, devant une Céline paralysée, ouvre la fenêtre et y jette le sapin, encore paré de tous ses ornements.

    Après quelques années de vie commune notre séparation, comme elle le devait, fut titanesque.

    Pourtant, si nous savons dès lors que nous ne pouvons vivre ensemble, et malgré le tourbillon de la vie, nous ne nous sommes jamais tout à fait perdus de vue.

    Céline vient habiter chez nous lorsqu'elle a trois ans et demi.

    Elle m'a donné à connaître les nuits blanches à cause des dents qui poussent, l'angoisse d'être responsable d'une petite enjôleuse et la magique clarté du rire des enfants.

     


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  • Mis au ban(c)Café où, après le séminaire, nous nous sommes retrouvés.

    Un peu plus petite que moi, prof de français très féminine, blonde, la quarantaine, Françoise se tient toujours très droite dans de longs vêtements unis aux tons veloutés.

    Nous nous étions aperçus il y a quelques années, puis chacun a disparu de l'horizon de l'autre.

    Je la rencontre lors d'un séminaire à l'issue duquel nous allons boire un verre. Elle a des attentions et de grands sourires qui semblent la surprendre elle-même : nous partageons des intérêts, antipathies et manières de sentir, identiques.

    Le lendemain, je suis invité à manger chez elle. De Balzac - dont la compréhension de notre condition humaine reposant quasi-exclusivement sur la médiocrité, voire la bassesse, représente Oui, rosacés un peu comme ça.pour tous deux un anti-modèle - à l'impressionnisme - que nous prenons pour un moment indépassable de la création -  la concorde frise la fusion. Et union, le jour suivant, il y aura.

    Nous ne nous voyons que chez elle, lorsque nos horaires - qui eux ne s'ajustent pas du tout - le permettent.

    Elle a d'adorables petits seins hauts placés, terminés par deux cercles rosés d'où jaillissent les tétons à peine moins clairs, mais nacrés, qui m'émerveillent.

    Françoise m'apprend que ses aréoles sont roses parce qu'elle n'a jamais été enceinte - et ne le peut pas. Du coup, je réalise que je n'ai su ni détecter, ni interpréter cet indice, avec mes précédentes dulcinées.

    Planche coriace.Que son lit est petit, comme il est raide ! Elle le veut sain : il y a une planche entre le matelas et le molleton !

    Plusieurs fois, je suis incapable de m'y joindre à elle. Finalement inquiet, je prends rendez-vous chez mon généraliste.

    Après examen, goguenard, il conclut que physiquement, je n'ai rien. J'exprime alors que je suis bien avec mon amie et me sens coupable de mon insuffisance ; qu'il y a sans doute une composante psychologique.

    Lui relatant notre liaison, je fais allusion à la robuste fermeté du lit. Bingo : le médecin m'interrompt. Voilà la cause : un nerf de ma jambe doit appuyer si rudement sur la couche, que j'en suis partiellement paralysé !

    Stupéfait, j'ai peine à le croire. Pourtant, je vérifierai que seul sur mon lit moelleux, je fonctionne en effet normalement.

    Dans sa cuisine, nous préparons le dîner. Je demande à Françoise, sans évoquer la consultation, de retirer le bois origine de nos malheurs. Tombé comme un cheveu sur la soupe entre une remarque sur Sartre et une sur la qualité du jambon, mon prétexte : je dors mal, est insuffisant. Je n'oserai pas m'expliquer, ni réclamer davantage.

    Conclusion : elle si douce, avait une planche si dure, que notre idylle y fut brisée.


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  • Comme Nico : une indifférence fatale.

     

    Je ne me rappelle pas de son nom - évanoui dans le sillon de son départ.

    Dans ma mémoire, son visage se confond avec celui de Nico[1]. Souvenez-vous cette muse improbable, top model, chanteuse et actrice tantôt underground, tantôt dans la lumière. Découverte à 16 ans par Fellini, collaboratrice d'Andy Warhol, elle sera l'amante de Brian Jones, de Bob Dylan et d'Alain Delon - dont elle aura un fils qui deviendra photographe.

    Lorsque je la rencontre, celle dont je parle ne connaît pas la gloire, mais il est évident qu'elle s'en fout. D'une beauté sculpturale, angélique, elle respire dans un monde à part.

    Ma Nico traverse la vie comme accoudée à un balcon, d'où elle regarde les autres s'agiter, travailler, se distraire, sans s'intéresser à aucune de ces activités.

    Dans la vieille ville, elle habite une sorte de sacristie assez délabrée, qui semble sortie du Moyen-âge. Il en émane un cachet exceptionnel, qui invite l'esprit à divaguer.

    Il y a, au rez-de-chaussée, une vaste pièce unique à très haut plafond, où se trouvent son lit, une cuisinière et quelques Comme Nico: sculpturale, fascinante.meubles abîmés, auxquels elle ne prête pas plus d'attention qu'au reste.

    Inscrite en lettres à l'uni, elle n'en suit aucun cours, ne se lève jamais avant 14h, passe sa vie au lit ou sur un banc proche de son gîte.

    Les quelques lignes de coke hebdomadaires, qui constituent son seul intérêt concret pour le monde, sont financées par des mandats de ses parents. Parfois, une passe lui permet d'arrondir ses fins de mois.

    Il n'y a aucun avenir possible pour elle dans ce monde. Elle y est une île improductive, superbe et désinvolte.

    Elle apprécie certes un peu d'affection de temps à autres, mais pas du tout les grandes démonstrations.

    Je suis fasciné, scotché, par cette absence de besoin des autres et ce désintérêt pour soi-même. Il y a quelque chose d'extraordinairement attachant dans son dédain universel.

    Me fondre dans son aire revient à me séparer de mes exigences d'agir, de juger, de me faire une place. Tout ce qui fait ma vie ordinaire passe au rebut, comme autant de manifestations intempestives de la société productiviste.

    Un soir d'été, je me rends chez elle, frappe au portail monumental. Ma Nico n'ouvrira ni ce soir, ni les suivants. Sans dire un mot, elle a diaparu.

    Notre histoire n'a duré qu'environ six mois et me laisse l'impression d'avoir brièvement rejoint un véritable ailleurs, invivable mais essentiel.

    Tilda Swinton

     

    1. David Mackenzie

    dirige actuellement

    un film sur sa vie,

    avec Tilda Swinton dans le rôle de Nico.


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  • Des Vénus.

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    Quelques

    abordages

    et

    amarrages,

    plusieurs

    naufrages,

    mais... 

      

     

     

     

     

     

    Isabelle, petite blonde énergique, est candidate pour représenter notre pays à l'eurovision de la chanson.

    Nous nous rencontrons lors du mariage d'amis communs.

    Le lendemain, nous avons rendez-vous chez elle. C'est la première fois que je fais l'amour. Nous sommes sur la moquette. La première étreinte consommée, elle se tourne et enclenche l'enregistreur. Une musique inconnue se répand. Je n'existe plus, elle s'y absorbe. Je me décompose dans le souvenir si présent des sensations délicieuses et un peu effrayantes que je viens d'éprouver.

    Après un moment, je lui demande de recommencer. Elle se retourne et je vois qu'elle pleure doucement. Cette partition a été écrite par un ami mort. Elle refuse de poursuivre nos ébats. Groggy, je me rhabille et m'éclipse discrètement. Nous ne nous sommes pas revus et je n'ai plus bandé pendant trois mois.

    <o:p> </o:p>

    ***

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    Mon meilleur ami, Jean-Jacques, a un père marchand d'armes (mais il ne faut pas le dire), lit l'intégrale de Proust, fait de la photo comme un art, et sort depuis plus d'un an avec Irmgard. Il est habillé assez stricte, mais d'allure décontractée et un rien précieuse, comme son amie.

    Etudiante allemande, discrète et volontaire, elle a toujours à disposition des remarques pertinentes, prêtes à émailler la conversation. Peau mate, yeux bleus et longs cheveux mordorés, elle les assemble parfois en une tresse chatoyante. Afin d'éviter toute ambiguïté, j'évite généralement de discuter trop longtemps avec elle.

    Dans un manteau bleu foncé, seule, l'air préoccupée, je la rencontre dans la rue. Elle parle d'un séminaire qui la met au désespoir car elle doit prochainement rendre un travail sur Bakounine et Kropotkine. Je me pose en défenseur de l'intérêt qu'il y a à investir les doctrines de ces éminents théoriciens. Sur quoi, elle me demande de l'aider.

    Non sans avoir consulté force ouvrages sur le sujet, je me rends chez elle le lendemain après-midi. Pénétré  de doctrines sur la mise en cause de l'Etat et la construction sociale basées sur la libre volonté des individus, je sonne à sa porte.

    Rysselberghe,ThéoVan_Femme au peignoir rose_1910Effrayé, avec un mouvement de recul que je surmonte, je découvre Irmgard qui me fait entrer.

    Elle m'explique qu'elle vient de prendre une douche, raison pour laquelle elle est pieds nus, cheveux défaits et n'est vêtue que d'un peignoir rose.

    Nous nous asseyons à sa table. Je fais celui qui ne remarque rien. Étonnamment, nous travaillons réellement plusieurs heures, en buvant du thé.

    Le pensum terminé, nous poursuivons nos réflexions, mettant en doute que l'humanisme est en soi aliénant, et sans que je m'en sois rendu compte, nous sommes sur le canapé. Le soir approche, la pièce s'embrase. Nous sommes inondés de soleil.

    D'un geste rapide, souriante pour me rassurer, elle se dégage de son peignoir et se retrouver en tenue d'Eve. Assise bien droite sur le tissu rose, tous ses charmes sont caressés par la clarté des rayons du soir.

    Le menton relevé, regardant devant elle, elle me laisse contempler la fermeté de ses chairs où je discerne, sous le blond de la peau, de minuscules vaisseaux sanguins.

    Abandonnant son attitude jusque là simplement courtoise pour devenir tendre, elle murmure :

    - Tu sais, Jean-Jacques, il n'a jamais beaucoup compté pour moi...

    Ainsi catapulté sur une autre planète, je ne tarde pas à remarquer qu'elle sent bon le gel douche.

    Même par hasard, je n'ai jamais revu Jean-Jacques, mais de plus en plus Irmgard, tant et si bien que nous décidons de partir en vacances ensemble.

    Quand j'étais enfant, j'aimais fouiller dans la boîte à couture de ma mère, où il y avait plein de boîtes, dans lesquelles il y en avait parfois d'autres. Certaines, faites d'une sorte de fer blanc, avaient contenu des cigarettes et leur couvercle arborait un chameau, d'autres le sphinx devant les pyramides. C'est à cause de ces images commerciales, et non de mes cours d'histoire, que je me suis juré d'aller un jour en Egypte.

    Rive droite du NilLorsque je le propose à Irmgard, elle, enthousiasmée par les pierres précieuses (passion que je n'ai jamais comprise) m'apprend que Le Caire est une plaque tournante pour les gemmes de toutes sortes. Elle acquiesce donc et nous voilà en bateau, comme Hercule Poirot, qui descendons le Nil.

    Il y a des militaires partout, nous déjeunons chaque jour avec une tablée de japonais et la cabine est mal insonorisée ; qu'importe, j'ai Champollion en tête.

    Elle aime bronzer avec d'autres filles sur le pont. J'aime faire du chameau et m'approcher des pharaons. Elle cherche des renseignements sur les diamants, ce qui m'assomme, ainsi nous nous séparons, de plus en plus longuement. Nous n'avons pas fait l'amour une seule fois pendant cette croisière.

    De retour au Caire, nous apprenons que notre agence de voyage a vendu plus de places que l'avion n'en peut contenir. Nous décidons qu'elle rentre et que je reste.

    A peine seul dans l'aéroport, perdu et angoissé, je distingue soudain mon ancien professeur de géographie à l'université. Je me sens sauvé : il va pouvoir  m'aider, ou au moins me conseiller pour trouver un billet. Me reconnaissant, il accélère le pas et comme je l'appelle, il me regarde, sourit et me fait un signe d'adieu de la main.

    Je resterai encore dix jours au Caire, hébergé par mon guide. J'apprends à y connaître ses sœurs qui restent entre elles et parlent de parfums, ses amis qui viennent chez lui le soir pour jouer aux cartes et sa mère - son père est mort, qui fait tout le temps de la cuisine.

    Comme je suis à court d'argent, il m'accompagne chez son oncle, qui a une agence de voyage. Tard le soir, plusieurs employés travaillent encore. L'oncle compte des billets de banque. Mon nouvel ami lui explique ma triste situation. Sans un sourire mais sans une hésitation, l'homme se lève, me demande de le suivre et nous sommes devant son coffre-fort, encastré dans un mur. Il en ouvre le battant et me dit :

    -          Take what you need.

    En apprenant cela, ma mère voudra que je le rembourse, le remercie... mais, pendant le voyage de retour, j'ai perdu l'adresse.

    Irmgard et moi nous sommes revus une fois, pour prendre le thé, dans un bistrot.

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    ***

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    En s'appuyant sur son vécu ou ses convictions, il arrivait qu'Aline, brune élancée, alternativement volontaire et rêveuse, me contredise. Et cela me déroutait. Simplement parce que ses vérités n'étaient pas les miennes, je ne la comprenais pas. Le plus souvent, je commençais par refuser violemment les points de vue qui s'étaient formés hors de mes mondes et cela nous rendait tristes.

    Ensuite, immanquablement, je réfléchissais à ce qu'elle m'avait dit et adoptais intégralement son avis. Je ne pouvais que juger impertinent et rejeter ce qui m'était étranger ou l'adopter totalement, comme une instruction de ce qui m'était inconnu. Je me disais alors : que je suis bête !

    Plus tard je comprendrai que je ne faisais que reproduire un comportement typique que j'ai constaté chez beaucoup d'hommes. Le masculin se manifeste dans mon comportement d'alors et je crois pouvoir noyer ma personne dans le genre.

    Bonnard. Nu au bain et petit chien_1843/4Il n'y a plus de cigarettes. Je quitte Aline et vais en acheter. Quand je reviens, tout l'appartement est sombre, volets baissés, ampoules éteintes. Une clarté chancelante provient de la salle de bain, dont la porte est entrouverte.

    Troublé, je m'y rends. Il y a plus de 10 bougies allumées, un bain coulé et Aline qui m'y attend, nue et radieuse. Elle me sourit. « J'ai eu envie de te faire plaisir ». C'était ça Aline : elle savait parfois donner de formidables coups de soleil à la vie.

    Nous appréciions d'aller dans une résidence secondaire de mes parents où il y avait un petit chalet et beaucoup d'espace pour sa chienne Lassie, colley femelle au superbe poil long.

    C'est là que j'appris que l'histoire ne repasse pas toujours les plats.

    Colley femelle à poil longLe premier jour, la chienne est flottante vis-à-vis de moi, elle cherche ma place dans le trio. Nous décidons de nous amuser en jetant un bout de bois qu'elle nous ramène.

    Aline commence, puis c'est mon tour et en revenant, Lassie hésite mais finit par déposer le projectile à mes pieds.

    Aline lance à nouveau et ensuite c'est à moi, mais je caresse Lassie, quittant ainsi mon attitude de commandement pour la flatter affectueusement.

    Puis, je fais voler le bâton et elle détale pour le rattraper. Lorsqu'elle le rapporte, elle atermoie en me regardant, mais se dirige finalement vers sa maîtresse pour le lui rendre.

    Dès cet instant, je suis jugé et Lassie ne m'obéira plus jamais. Aline est son chef et je n'ai aucune place dans le tandem. J'ai raté le teste et aurai beau ensuite essayer la douceur ou la fermeté, elle ne m'a jamais donné de deuxième chance.

     

     ***

     

    Puis, il y eut Corine. Nous nous sommes mariés, n'avons pas eu d'enfant - elle avait 16 ans de moins que moi et reportait toujours cette idée à "plus tard" - et avons divorcé.


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